Les sumo (相撲)

Hello à tous, hajimemashite* !

Grand jour pour moi aujourd’hui, ou je vais vous parler d’une de mes premières passions.

L’origine de ma passion :

Le président de la république Jacques Chirac, propose à l’empereur du Japon de venir faire un tournoi d’exhibition en France.

Cela fut chose faite en 1995. La diffusion télévisée de cet événement sera sur France 2 et c’est déroulé lors de la deuxième partie de soirée. Étant petit (8 ans), mon père me proposa de l’enregistrer sur cassette VHS et de le regarder plus tard.

Le lendemain, alors que mes parents et ma sœur dormaient encore, je m’installai devant la télévision et regardai ce sport inconnu pour moi et inconnu pour beaucoup de Français.

….le début d’une forte passion pour ce sport….

Lors de la vision de ce tournoi, j’ai vraiment été surpris par leur force, le poids et l’agilité des lutteurs, parsemé par un côté très solennel. Cela donne le début d’une forte passion pour ce sport japonais ancestral. Ma passion pour le Japon et mon apprentissage du Japonais arrive de là.

De 15 ans à environ 18 ans, ma passion pour le sumo faiblit pour laisser place aux sports mécaniques. Mais tout bascula lors d’un repas chinois en 2006 dans mon premier appartement avec ma compagne.

Les sumo ne sont pas tous obèses!

Contrairement aux clichés et aux idées reçues, les sumo ne sont pas tous gros (Taille moyenne de 1m86 pour 155 kg). C’est comme si vous dites à Teddy Riner qu’il est obèse!

Les sumo professionnels (ceux qu’on trouvent au Japon), s’entraînent 6 jours sur 7 à jeun, pendant environ 3 à 4h. Puis ils mangent une grande quantité de nourriture (viande, poisson, riz, légumes et bières), puis dorment. A leur réveil c’est quartier libre puis repas du soir et extinction des feux. Au final, c’est 10000 kcal avalées chaque jour.

Tous les deux mois, ils passent un bilan de santé et pour la plupart ils sont en bien meilleure santé que nous, car contrairement aux idées reçus, ce ne sont pas les hamburgers/coca qui les font devenir massifs, mais le shanko nabe*.

La vie des jeunes sumo et très stricte et disciplinée, lever avant tout le monde, entretien du dohyo*, préparation du repas pour toute l’écurie, entretien des chambres et mise à disposition de leurs supérieurs.

Les sumo quelques soit le grade vivent ensemble dans une maison appelée Heya*. Ils n’ont pas d’autre emploi car le sumo est leur activité principale. Ils vivent, mangent ensemble et dorment dans un dortoir.


Un entraînement sur-humain :

Le sumo est un art martial, les lutteurs sont des véritables athlètes sur tous les plans, prendre 10 kg par an et arriver à maintenir ce poids est une prouesse notamment pour les lutteurs normalement maigres. Soulever des poids très lourds, répéter 200 fois la même choses quotidiennement ou bien faire le grand écart quand on fais 180 kg est juste exceptionnel.

25h d’entraînement par semaine, des grands écarts, du soulevé de terre, des squats avec un sumo sur le dos, des combats à tour de bras…. et tout cela pour quoi? Pour monter dans le classement, monter dans les grades qui les feront passer de l’enfer des divisions apprentis, à la division salariée.

Se faire maltraiter, humilier pour être encore plus fort, cela permet aux sumo de devenir aux yeux des japonais et aux miens, des demi-dieux.

Les lutteurs portent un mawashi* noir pour les apprentis et blanc pour les premières divisions, ce qui permet de les différencier. Deuxièmement lors des tournois, la coupe de cheveux est coiffée d’une manière différente.


Toute une histoire de grade :

Voici la liste des grades et leurs équivalents par rapport au foot :

Yokozuna (71 lutteurs ont atteints se rang en plusieurs siècles) – Équivalent 2 premiers de la ligue 1.

Ozeki – Tête de liste de ligue 1

Sekiwake – Haut de classement de la ligue 1

Komusubi – Haut de classement de la ligue 1

Maegashira – Reste de la ligue 1

Tous cet ensemble forment l’équivalent de la ligue 1 en foot.


Juryo – Ligue 2

Makushita – National

Sandamne – National 2

Jonidan – National 3

JonokuchiRégional 1

Mae zumo – Débutants


Déroulement des combats :

Les deux lutteurs sont appelés sur le dohyo, se saluent et jettent du sable pour chasser les mauvais esprits. Ils répètent l’opération 2/3 fois.

Puis l’arbitre se mets en position, les deux lutteurs se regardent et lancent le « tachai ai* » mutuellement, le premier des deux lutteurs qui touche le sol avec autre chose que ses pieds, ou sort du cercle sacré a perdu.

Vidéo d’un combat ici

Six tournois par an permettent aux lutteurs de s’affronter. Chaque tournoi dure 15 jours avec 1 combat par jour. Le lutteur doit avoir au moins 8 victoires pour monter dans le classement, si ce n’est pas le cas, il descendra dans le classement pour le tournoi suivant.

Il existe 82 prises autorisées, tandis que tirer les cheveux, les doigts dans les yeux ou taper sur les parties géniales sont interdites. Six arbitres sont présent lors de chaque combat, ce qui permet de voir dans tous les angles.

Les divisons apprenties ne font que 7 combats en 15 jours, tandis que les divisons supérieures en font 1 par jour pendant 15 jours.

Les tournois sont des événements très populaires et très bruyants, ce qu’il tranche un peu avec la société japonaise plutôt calme et timide.

Trois tournois se déroulent à Tokyo, un à Nagoya, un à Osaka et un à Kuyshu. Chaque jour du tournoi commence par le dohyo iri, une cérémonie offerte par les Yokozuna pour lancer les hostilités.

La journée se termine par la « danse du sabre » puis les spectateurs peuvent rentrer chez eux.


Comment reconnaître un sumo ?

En général, quand vous serez dans le quartier de Ryogoku ou proche de la Tokyo skytree, vous pouvez au détour d’une rue trouver des sumo à l’entraînement dans leur écurie.

Parfois vous pouvez les croiser dans les konbini*, dans la rue ou les métros.

Ils seront en général en tenue traditionnelle et leurs coiffures vous interpelleront tout de suite. De plus, leurs physiques ne passe pas inaperçus dans une société où les gens sont globalement petits et maigres.

Vous pouvez aussi vous rendre au musée du sumo et prendre des photos avec leur homonyme en carton de taille réelle.


Vous aussi vous voulez devenir sumo ?

Option 1 : Pour devenir sumo, il faut être japonais.

Option 2 : Chaque écurie à le droit à un étranger, mais en général, celui ci a un palmarès dans du sport de combat et il doit avoir moins de 25 ans et parler japonais.

Option 3 : satisfaire aux examens physique, (1m67, 67 kg minimum, prise de sang….)


LEXIQUE :

Hajimemashite : enchanté.

Shanko nabe : plat japonais ressemblant à un pot au feu.

Dohyo : cercle sacré de 4m55cm, fabriqué en argile à la main et démoli après chaque tournoi.

Heya : littéralement « chambre » en Japonais.

Mawashi : ceinture en tissu ou en soie faisant le tour des lutteurs. Ils mesurent entre 3 et 7/8m.

Konbini : supérette Japonaise (Seven Eleven, Lawson, Maruastu….)


Voilà, je peux parler de sumo pendant des heures, mais j’ai marqué que l’essentiel. Bonne lecture.

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